Il était une fois la France :

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Il était une fois la France :

Message par Ler Ravsclaw le Lun 14 Avr - 22:33

Ler avait revêtu son visage d'usage pour un cours de langue. A savoir le moins expressif possible. Ses yeux semblaient ailleurs - et ses pupilles indiquaient clairement qu'ils n'étaient pas focalisés sur un objet du monde réel. Ses cheveux avaient un côté plus épique que Waterloo avait dû l'être. On devinait d'ailleurs facilement que son réveil coïncidait presque avec l'heure du cours sus-cité. Pas seulement son allure - qui en soit était assez négligée : col mal refermé, chemises décalée d'un bouton, lacets sur le point de se défaire;.. Un observateur attentif pouvait même distinguer des gouttes du jus de pomme qu'il avait avalé en chemin et ses chaussettes dépareillées.


C'est donc présent... Juste pour éviter les représailles de l'absence qu'il se pointa à la porte et jeta un coup d'oeil à la salle de classe pas trop remplie. Il avisa la chaise la plus lointaine, rassuré de pouvoir finir sa nuit tranquillement. Il fit un pas, deux pas. Tout allait bien. Le prof de français sortait tranquillement ses affaires. Trois pas. Quatre pas. Cinq pas.

- Mm... Vous êtes monsieur Ravsclaw, c'est ça ?

Ler jura au fond de sa tête. NON, C'ETAIT PAS LUI. Ce professeur regardait FORCEMENT quelqu'un d'autres ! Il leva la tête pour vérifier. Zut. Mauvais réflexe. Il croisa son regard et su qu'il allait être impossible de s'échapper à présent.

- Euh... Wais, c'est moi... Léon Ravsclaw...

Le professeur tiqua sur son prénom, fixant sa feuille de présence avec une certaine frustration puis sembla gribouiller quelque chose. "Ler" probablement. Une bonne chose de faite.
Il entendit quelques murmures en arrière plan et se demanda si on débattait sur son allure. Dans le doute, il s'abstint de tout commentaire. Leur enseignant, quand à lui, semblait rayonner, convaincu que les quelques élèves qui lui faisaient face était tout à fait enclins à travailler.


- Ne faite pas votre timide, allez donc vous installer là bas, à côté de mademoiselle... Comment déjà ?

Il se dirigea dans la direction indiquée, balbutiant un vague remerciement. Timide ? Carrément pas, non. Il n'avait juste pas la MOINDRE intention de prononcer un mot de français durant l'heure qui allait suivre. Et le fond de la classe était parfait pour ça. Maintenant il allait se retrouver à côté d'une andouille qui allait "pour l'esprit" essayer de s'adresser à lui dans la langue de molière, pour son plus grand déplaisir. Et si il avait le malheur de la remballer, il allait se mettre à dos directement un prof au début de l'année. Et une camarade de classe. Pour la popularité, c'était loin d'être le meilleur plan. Enfin, pour la popularité, c'était déjà bien raté.

De toutes façon, il aurait été difficile de s'échapper de l'emprise du professeur. Les tables étaient agencées en deux "U" et faits pour acceuillir une trentaine d'élèves au total - peut être un peu plus mais la salle serait devenue irrespirable. De fait, Seul le U de l'intérieur était peuplé, l'autre ressemblait davantage à une barrière de sécurité. Les fenêtres étaient entrouvertes et laissaient filtrer un vent léger, annonciateur de pluie, ainsi que quelques cris d'oiseaux et de bruits d'insectes. Mais les rideaux tirés condamnaient eux aussi le regard à rester à l'abri de la demi pénombre de la salle de classe. Au plafond, les néons classiques auraient pu éclairer la pièce, mais malgré la saison et les rideaux, le soleil faisait son office suffisamment pour se voir, se reconnaître et même écrire.
Par contre, la température s'accordait avec la période puisqu'il regretta amèrement les couvertures du lit qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt.

Avec ça, les livres du professeur fermés sur sa table et le tableau tout aussi peu enclin à être utilisé annonçaient déjà la teneur du cours. Un cours de langue quoi. D'expression. Ce genre de truc.



Bah, il pouvait toujours s'en remettre en draguant sa camarade, après tout. Être obligé de parler devait avoir ses bons côtés.
Il lança un coup d'oeil à sa voisine. Son humeuromètre passa de journée pourrie à enfer en perspective.


Dernière édition par Ler Ravsclaw le Mar 22 Avr - 19:13, édité 1 fois
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Re: Il était une fois la France :

Message par Neve Elatha le Mar 22 Avr - 14:25

Les cours n'étaient jamais qu'un effet secondaire indésirable du fait d'habiter dans un Internat. Plus particulièrement, celui d'une École de Haute Renommée comme celle du Directeur Culánn. Le plus triste dans l'histoire restait qu'elle devait, pour certains cours, quitter sa partenaire de chambrée. Elle sentait qu'elle n'aurait aucun mal à très bien s'entendre avec cette dernière, voire plus affinités. Elle espérait très fort qu'affinités il y aurait, d'ailleurs. Elle avait déjà goûté à ses rêves, bien sûr, et les avait trouvé étranges et goûtus. Elle s'y était attendue, quelque part, mais être confrontée au résultat était toujours une expérience bien différente que ce à quoi on pouvait s'attendre. Et maintenant qu'elle avait goûté les rêves, elle voulait goûter à autre chose chez sa camarade de chambrée. Mais ça attendrait. Elle avait tout son temps...

En attendant, elle se devait d'aller en cours, avec toute la motivation et la joie qui la caractérisait à l'idée que les cours soient mixtes, et donc qu'ils soient infestés de cette engeance horrible et démoniaque que l'on appelait l'homme. Avec un petit h. Elle était arrivée un peu en avance, et avait jeté un coup d'œil dans la salle de classe avant d'y rentrer. Comme elle le soupçonnait, cette saloperie de soleil se répandait partout. Elle soupira, et attendit contre l'encadrement de la porte l'arrivée du professeur. Elle parvint à cacher sa répugnance en lui expliquant son bobard habituel sur la photo-sensibilité, l'allergie au Soleil et toutes les conneries habituelles. Pour compléter le tableau, elle sortit de sa poche un petit carton officiel, signé par l'infirmière de l'Ecole et contre-signé par le Directeur, prévu à l'usage des Mortels qui ne comprenait ce qu'était le terrible fardeau du Succube. Et comme de bien entendu, l'enseignant compatit et tira les rideau. Le Soleil passait toujours au travers, mais au moins était-il filtré. Elle s'en contenterait. Elle s'installa tout naturellement à l'emplacement le plus à l'ombre possible, en essayant de tenir compte du temps qui passerait et du déplacement du soleil dans le courant du cours de français. A force de l'esquiver toute sa vie, elle commençait à avoir l'habitude de ce genre d'approximations.

Fort heureusement pour elle, les autres élèves n'avaient pas son souci, et tenant compte de la température ambiante, préféraient pour la plupart être soumis aux rares rayons de soleil qui filtraient et qui les réchauffaient. Si ça les amusaient, pourquoi pas. Mais si ça signifiait que Neve n'avait pas de voisin, un fait dont elle n'aurait pu être plus heureuse, cela signifiait également qu'elle n'avait pas de voisine, ce qui la désolait quelque peu. Elle qui avait espéré draguer un peu... Les cours de langues, c'était toujours le lieu et le contexte idéal pour draguer... Bah, tant pis. Elle repérerait l'accent le plus ignoble ou la brebis la plus égarée et la plus paumée, et lui proposerait d'étudier ensemble un peu plus tard. A ce niveau, le français était moins performant que les arts, mais la session d'études avait toujours son petit... charme. Elle pourrait toujours prétexter les arts en plus si elle voyait une opportunité. Là, elle serait sûre de son coup.

Elle ne fit pas attention au crétin retardataire, et n'écouta pas lorsqu'il se présenta. Elle ne le remarqua, en fait, que lorsqu'elle vit le professeur faire un signe de main dans sa direction. Elle ne répondit pas à la question, et se contenta de le regarder avec une peur qui se transforma très rapidement en une haine viscérale. Non pas tant parce qu'il avait déjà oublié son nom - c'était vexant, mais bon, ça arrivait, et le mec, en plus de n'être jamais qu'un mec, était prof, ce qui signifiait qu'il avait des taaaaas et des tas de noms à oublier avant la fin de la semaine -, mais parce qu'il venait de lui désigner d'office un voisin. Et pas n'importe quel voisin. Le fait qu'il soit de sexe masculin était déjà regrettable, mais celui-ci était tellement mal fagoté que la raison de son retard ne faisait aucun doute : il devait s'être réveillé dans la minute précédent son arrivée. Non content d'être un porc, donc, et de l'afficher avec fierté - ou bien il aurait déjà fait quelque chose pour arranger sa chemise -, ce spécimen particulier était un feignant.

Elle le regarda s'installer avec un dégoût de plus en plus profond et croissant, et n'arrêta de grimacer à sa seule vue que lorsqu'il lui jeta un regard en coin. A ce moment, réalisant que quelqu'un d'autre pourrait la repérer, et que si un coup de vent devait se produire, son visage resterait à jamais fixé ainsi, elle reprit une expression plus neutre. Un simple regard haineux et le nez plissé. Dans une tentative qui se voulait discrète mais qu'elle due abandonner pour cause de raclement sonore sur le sol, elle essaya en vain de décaler sa chaise sur le côté. Le professeur lui jeta un coup d'œil et elle lui sourit, d'un sourire faux et peu sincère, mais qu'il ne sembla pas remarquer en tant que tel. Tant mieux. Elle soupira, et jeta un nouveau coup d'œil vers le machin qui lui servait de voisin. Le cours allait être long.
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Re: Il était une fois la France :

Message par Ler Ravsclaw le Mar 22 Avr - 22:56

Evaluation rapide de la situation :
Agro du professeur : 30%.
Possibilité de refuge dans la lecture : 0%.
Possibilité de discussion avec sa voisine : 1%
Possibilité de quitter le cours discrètement après l'appel : 0%
Possibilité de se porter malade : 2%
Ler évalua en vitesse les pours et les contres des solutions proposées, presque certain que la mort allait s'abattre sur lui sournoisement dans les prochaines minutes. Leur professeur observa toute la classe et sa liste, afin d'être certain que tout le monde était présent, puis fit l'appel.
Ce vieux rituel avait quelque chose d'ennuyant mais aussi de pratique puisque c'est souvent de cette façon que le jeune homme apprenait le nom de ses camarades sans s'y intéresser outre mesure durant les deux premiers mois. Il eut cependant la satisfaction d'entendre "Léon" prononcé à son égar et songea que cette première victoire annonçait peut-être des heures moins douloureuses.
Puis il se ravisa en avisant le regard assassin que sa voisine lui lançait toujours.

- Bien ! Je propose que l'on fasse un premier tour de classe pour se présenter un peu plus amplement ! Je suis sûr que vous vous faites une joie de vous connaître pour ceux dont ce n'est pas encore le cas ![français]

Il avait parlé français. Lentement, en scrutant leur visage avec attention pour y chercher la moindre note d'incompréhension. Ler se concentra pour n'en laisser aucune, histoire d'avancer.
Avait-il seulement eu leur âge à une époque ? Ou manquait-il à ce point d'empathie qu'il était incapable de lire l'ennuie au fond de leurs prunelles ?
Quoi que c'était une chose très relative. En regardant autour de lui, il pouvait clairement voir que les autres élèves ne partagaient pas tous son point de vue. Certains étaient certes réticents, mais dans la globalité, la classe semblait optimiste vis à vis de ce cours pas comme les autres où il était question de s'exprimer.

- Monsieur Ravsclaw, je suis sûr que vous serez ravis de compenser votre première impression en nous faisant découvrir ce que vous savez de la langue de molière ! Vous en venez après tout, non ?[français]

Et il parlait, parlait... Non... attendez...
Plissant les yeux, il mit un sens plutôt proche aux paroles du professeur et blanchit un peu. Trop bon, trop... Bref. C'était bien trop stupide. Pourquoi sa mère avait-elle dû préciser son séjour en France ?
Il ouvrit la bouche, hésitant, soudain conscient que tout le monde l'écoutait avec attention. Et il comprit rapidement qu'il n'y avait de toutes façon plus d'échappatoire. Si il parvenait à s'en tirer - et ce serait un miracle au vu de son niveau - il risquait de s'attirer les foudres de la classe. Et si il se ratait, ce qui allait très probablement arriver, son premier jour allait être sinistre. Et l'année aussi.

- Je... Pas vraiment. J'étais en France quelques temps. C'est tout.[français]

Il eut pour toute réponse un signe de tête pour l'amener à continuer. Ses yeux lancèrent des éclairs et il tenta d'abattre son professeur avec mais ce dernier ne lui répondit qu'avec un sourire bienveillant, le frustrant davantage.

- Je m'appelle Léon Ravscraw... J'ai dix sept ans, j'habite à Elderslon, le... la ville au... dont nous sommes au Nord. J'aime... la littérature... anglaise - il insista sur ce mot à l'attention de son professeur - et... des trucs normaux comme faire des avions avec des feuille, le sport, la musique...
J'déteste les gens qui font la tronche, le bruit et les... aggrafeuses.
[français]

PARFAIT. Il s'en était bien tiré. Son professeur avait l'air un peu déçu - sans doute s'attendait-il à le voir discourir en grandes pompes... Fou qu'il était. S'aventurer en des eaux si troubles était suicidaire.
Pas de pompom, pas de fautes stupides, juste quelques mots qui lui avaient échappés avant qu'il ne s'en serve mais il s'était bien rattrappé. Il avait gardé une mine sérieuse du début à la fin, concentré, suffisament pour avoir l'air en difficulté - bon... il n'avait pas eu à forcer beaucoup. Seul détail sans doute douteux - et indice non négligeable de son séjour en petite bretagne - était qu'il n'avait pas réussi à laisser traîner un accent anglais sur toutes ses phrases. Ce qui expliquait le regard douteux du professeur.

Et c'était bien triste parce son accent presque parfait - un poil breton cependant - était la seule chose qu'il avait gardé de la France. Son vocabulaire s'étalait sur des champs large mais jamais suffisamment complètement, si bien qu'il n'était jamais capable d'exprimer clairement une idée un peu complexe. Et sa grammaire venait des cours de récréation. De fait, elle laissait elle aussi à désirer de par les libertés qu'on s'y permettait.

S'adossant enfin à sa chaise, il remarqua sa chemise mal agencée et tenta d'y remédier discrètement, écoutant vaguement les autres élèves prendre la relève. Son regard était attiré par le sourire de son professeur qu'il commençait à voir comme quelque chose de pervers et malveillant.
Qu'avait-il donc bien prévu pour la suite ?

Il tendit l'oreille quand sa voisine ouvrit la bouche. Pas par intérêt réel, non. Plus comme un instinct enseigné à Sun Tzu, convaincu que la connaître lui permettra peut-être d'éviter un coup de poignard.
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Re: Il était une fois la France :

Message par Neve Elatha le Lun 12 Mai - 12:55

Elle roula les yeux au ciel en entendant faire l'appel. Vieux truc de prof pour se familiariser avec les élèves et apprendre à les reconnaitre. Certes, c'était le premier cours, et peut-être (à la rigueur, pourquoi pas) que le prof méritait qu'on lui foute un peu la paix, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être déçue. Elle s'était attendu à autre chose d'une école d'élite de la sorte. Que le prof lise leurs noms dans leurs têtes, par exemple, ou apprenne le trombinoscope par cœur. Un monde de possibilités s'ouvrait à eux, et ils l'ignoraient, le piétinaient, le jetaient aux ordures comme s'il était tout bonnement inutile. Ce qu'il était, mais là n'était pas la question. Elle se contenta de hocher la tête à l'appel de son nom, sans prononcer un mot. Elle adressa cependant un sourire à une petite toute mignonne qui fouillait la classe du regard au fur et à mesure, probablement pour retenir tous les noms. Une petite très amicale, donc... Peut-être même suffisamment. Il faudrait voir. Quel dommage qu'elle ait déjà répondu à l'appel, parce que sinon Neve aurait fait l'effort de retenir son nom. Bah. Elle prétexterait un manque flagrant de physionomie. Ce pourrait même être une excuse en or pour lui parler... Bonjour, excuse-moi, j'ai pas retenu ton nom, mais aucun autre en fait... J'ai remarqué que tu étais plus douée que moi à ce niveau, par contre, tu pourrais m'aider ? Pour éviter de me ridiculiser devant quelqu'un d'autre...
Ouais. Ça pourrait fonctionner. A noter et garder sous le coude.

En attendant, le prof parlait. Elle se retourna vers lui et regarda ce crétin de mec stupide et inutile déblatérer... quoi ? Elle ne savait même pas. Elle avait compris le premier mot, et quelques-uns après. Mais elle ne comprenait pas ce qu'il y avait de si bien dans la classe, en tous les cas. Ou peu importait ce que le type avait dit. Elle plissa les yeux et fronça les sourcils en essayant de comprendre, mais elle avait déjà oublié la moitié du discours et ne savait toujours pas ce qu'un ample était, ni pourquoi ça mentait. Elle avait probablement mal compris. C'était même une quasi-certitude. Et l'accent à couper au couteau du prof ne faisait rien pour aider, d'ailleurs. C'était quoi de toutes façons comme accent ? Français ? Suisse ? Marseillais ? Elle savait même pas. Mais c'était définitivement, complètement, incompréhensible.
Il fallait tout de même saluer la performance. Il n'était pas donné à tout le monde de perdre ainsi une classe en seulement quelques minutes et moins de phrases. C'était probablement un record académique. Elle envisagea d'applaudir, mais se retint juste à temps. Elle avait croisé le regard de la petite physionomiste en herbe, et y avait lu un respect profond pour le type, malgré une galère dissimulée pour suivre. Apparemment, elle devait aimer s'exprimer. Et adorer les cours de langues. Neve se passa la sienne sur les lèvres, pensive. Un cours de langue... Ça pourrait toujours s'arranger, après tout.

Sa tête pivota en entendant le nom. Monsieur Ravsclaw, elle savait qui c'était. Même si, en toute honnêteté et si le prof avait eu de l'esprit, elle aurait appris le mot français pour 'clochard'. Tant pis. Une autre fois. Oh, Molière ! Elle savait qui c'était, ça ! Elle regarda son voisin, curieuse de savoir ce qu'il avait à raconter sur Molière. Et s'il avait seulement compris ce qu'on lui demandait. Elle-même étant parfaitement larguée, et pas nulle pour autant, elle avait des doutes. Elle le vit hésiter avec délice, attendant qu'il se plante comme de juste. Elle fronça les sourcils derechef en entendant la réponse, cependant. Il fallait vraiment qu'elle arrête ça. Elle finirait ridée avant la fin de la journée, sinon. Et une jeune fille de 75 ans, c'était bine moins que sexy.
Le fameux Léon avait un accent bizarre, lui aussi, tout pourri et à peine compréhensible. Sauf pour le prof, apparemment, qui l'encourageait de la tête à s'enfoncer plus avant. Ce que ce dernier fit. Ça la fit sourire, d'ailleurs. Comme prévu, il se plantait complètement. Pas un mot sur Molière, et un vocabulaire plutôt limité. Il n'avait même pas l'air de connaître le mot 'Sud'. C'était risible, vraiment. Il était maintenant évident qu'il n'avait rien écouté, rien compris, et qu'il balançait tout ce dont il pouvait se rappeler dans un accent pseudo-français dans l'espoir qu'on lui foute la paix. Elle pouvait respecter ça, en un sens. Certes, c'était lâche, mais elle n'attendait rien de mieux d'un mec, après tout. Et si elle était honnête, elle devait bien reconnaître qu'elle aurait probablement fait pareil. Contenter le prof avec des bribes de quelque chose et prier pour que le calvaire prenne fin.

Ce qui se produisit finalement, et la déception visible de ce con de prof était un nouveau délice pour Neve. Il ne faisait que récolter ce qu'il avait semé, après tout. Il ne méritait rien d'autre. Là encore, elle se retint de ricaner ouvertement. Elle jeta un nouveau regard dans la direction de la petite qu'elle avait repérée, et fut déçue de la voir regarder le crétin nommé Léon avec ce qui aurait pu passer pour de l'admiration. Il avait réussi à tromper une partie de la classe avec son imitation d'accent ridicule. Pas le prof, de toute évidence, mais la classe quand même. Il faudrait qu'elle recadre sa camarade. Le prof passa à d'autres élèves, et elle les regarda galérer avec, il fallait le reconnaître, plus d'honnêteté et moins de théâtralité que son voisin. Qui, à la périphérie de son champ de vision, faisait... quoi ? Il rajustait sa chemise ? Il s'était enfin rendu compte que quelque chose n'allait pas ? Mieux valait tard...
Elle se leva en entendant son nom et en voyant l'attention portée sur elle. Elle n'avait pas peur. Elle était douée, elle, un minimum, et elle avait compris la question, dans les grandes lignes.

" Molière était une acteur et auteur français. Un peu colle Shakespeare, elle faisait du thiâtre. Elle a écrit des livres tels quoi Le Bourgeois Gentilhomme ou Les Misérables. Elle est morte pendant un stage au château du Roi du Soleil. "[français]

Elle avait déclamé tout cela avec le plus grand sérieux, un peu blasée de la facilité de la question, et avec un accent réellement compréhensible, et facilement identifiable : l'accent écossais. Elle se rassit, satisfaite de l'expression éberluée du professeur, de toute évidence abasourdi d'avoir enfin trouver quelqu'un sachant parler français dans cette classe - il devait ne plus y croire, le malheureux -, et décocha un sourire radieux et un clin d'œil à sa proie du jour, impressionnée elle aussi.
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Re: Il était une fois la France :

Message par Ler Ravsclaw le Mar 1 Juil - 20:12

Un éclat de rire unique surgit à sa gauche et Ler se mordit la lèvre, hésitant à renchérir. Il croisa cependant le regard de sa voisine et serra les dents un peu plus fort pour tenir le coup.
Molière ? Vous êtes sérieux ? Qu'est-ce que pourquoi d'où elle sortait ça ?

Il parvint à maintenir son mutisme, cependant, et suivit la progression du droit de la parole à travers la classe, promenant un regard appréciateur sur les donzelles qui faisaient éclater leurs voix aigues (... ou pas ?_?) dans la pièce en un semblant de français.

Il s'apprétait même à considérer qu'il en avait trop fait lorsqu'une superbe blondinette répondit au professeur d'une traite sans sourciller et sans la moindre hésitation. Il cligna des yeux, surpris par la perfomance et tenta un sourire qui ne récoltat qu'un regard noir.
Les filles avaient toutes leurs règles le jour de la rentrée ou c'était un sport national ?

Bougon, il entendit distraitement le professeur reprendre la parole :


- Très bien ! Je pense avoir fait un tour de classe... Intéressant.[français]

Il promena son regard sur les élèves et Ler le vit très nettement s'arrêter sur sa voisine comme si il se demander avec quelle pince il allait bien pouvoir l'attrapper.

- Je vous propose donc le travail suivant : Je vais vous regrouper en binômes, vous laisser discuter un peu et vous allez d'ici quelques dizaine de minutes me parler de lui, d'un épisode de sa vie ou de quelque chose qui lui est relatif. Je vous ait regroupé par différents niveau alors n'hésitez pas à aider votre partenaire.[anglais]

Oh, avec un peu de chance il allait être dans la pair de...


- ... avec Mr Ravscraw, ...

Damnation. Il n'avait pas anticipé son nom. Il chercha d'un regard un peu perdu qui aurait pu être associé à son nom. Et soudain, il le vit. Le regard corrompu par les furies que sa voisine lui lançait.


- Ah oui mais non... Pas... ça...
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